Carburants : Emmanuel Macron demande une mobilisation du gouvernement face à la hausse des prix


16 septembre 2026

Alors que le prix de l’essence vient de dépasser son précédent record de 2022 et que le gazole reste proche de son niveau historique, Emmanuel Macron demande au gouvernement d’agir à la fois sur les approvisionnements et sur les prix. Des difficultés sont déjà signalées dans certaines stations-service.

La situation se tend encore sur le front des carburants. Ce mercredi 16 septembre, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement une « totale mobilisation » afin de sécuriser l’approvisionnement et de tenter de contenir la hausse des prix à la pompe.

À l’issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a précisé que l’exécutif cherchait notamment à sécuriser les volumes disponibles dans les prochaines semaines, y compris en se tournant vers d’autres pays. Une réflexion est également menée au niveau européen sur davantage de souplesse dans la réglementation applicable aux raffineries.

Une station sur dix concernée par des difficultés

Le gouvernement surveille désormais aussi la situation dans les stations-service.

Selon Maud Bregeon, environ 10 % des stations rencontrent actuellement une difficulté d’approvisionnement pour au moins un carburant. L’immense majorité des établissements concernés appartiendrait au réseau TotalEnergies.

La porte-parole du gouvernement assure toutefois que les chaînes logistiques françaises ne connaissent pas, à ce stade, de perturbations jugées anormales. L’exécutif dit renforcer sa mobilisation sur les approvisionnements internationaux pour éviter que la situation ne se dégrade.

L’essence franchit un niveau inédit depuis 2022

Cette intervention intervient alors que les prix continuent de progresser.

Mardi 15 septembre, le SP95-E10 s’est établi à 2,15 euros le litre en moyenne en France, selon les données communiquées au ministère de l’Économie par 7 750 stations-service. Ce niveau dépasse le précédent pic de 2,11 euros enregistré en juin 2022.

Le gazole s'établissait, lui, autour de 2,35 euros le litre. Il se rapproche ainsi de son record de 2,38 euros atteint en avril 2026.

Pour les automobilistes, la progression se traduit directement sur le montant du plein. À 2,35 euros le litre, un réservoir de 50 litres représente environ 117,50 euros, hors différence de prix entre les stations.

Les pêcheurs maintiennent la pression

La hausse des prix provoque également de nouvelles mobilisations chez les professionnels particulièrement dépendants du carburant.

Après une action menée mardi à Fos-sur-Mer, une centaine de pêcheurs ont bloqué mercredi matin l’accès au dépôt pétrolier de Frontignan, dans l’Hérault. Leur mobilisation porte notamment sur le coût du carburant, mais aussi sur leurs conditions d’activité.

Les professionnels souhaitent obtenir des réponses du gouvernement. Une rencontre avec Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, est prévue jeudi 17 septembre, selon les représentants des pêcheurs cités par l’AFP.

De nouvelles mesures encore incertaines

Le gouvernement n’exclut pas de nouvelles mesures pour répondre à la situation, mais aucun dispositif supplémentaire ni calendrier précis n’a été annoncé ce mercredi.

La priorité affichée par l’exécutif est pour l’heure de sécuriser les approvisionnements et d’agir sur les conditions du marché afin de limiter autant que possible la progression des prix.

Pour les automobilistes, les prochains jours seront donc particulièrement surveillés, alors que l’essence vient de franchir un nouveau seuil et que certaines stations commencent à signaler des difficultés d’approvisionnement.

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