08 juin 2026
À l’occasion de la visite officielle de Wassim Kamel, sous-préfet de l'arrondissement, le fleuron industriel Leach International Europe a dévoilé ses ambitions. Entre croissance insolente, contrats d'envergure pour les Jeux Olympiques et gestion d'un mur démographique crucial, plongée au cœur d'une usine mosellane où l'excellence se conjugue au millimètre.
Installée à Sarralbe depuis 1982, l’entreprise Leach International Europe s’impose depuis plus de quarante ans comme un pilier incontournable de la défense, de la sécurité et de la haute technologie française. Spécialisée dans la conception de systèmes électromécaniques et électroniques de distribution de puissance, l’usine approvisionne les secteurs les plus stratégiques et les plus exigeants de la planète : l’aéronautique civile et militaire, le ferroviaire, le spatial (notamment le lancement de satellites), le nucléaire, les systèmes de défense complexes et, de manière plus ciblée, le domaine naval.




Un géant mondial porté par une croissance à deux chiffres
Affichant une croissance annuelle constante située entre 10 et 15 %, l’entreprise bénéficie d'une santé économique de fer. Elle prévoit de clore l'exercice en cours avec un chiffre d’affaires record de 220 millions d’euros, tout en gardant le cap sur son plan stratégique à long terme : franchir la barre des 300 millions d’euros à l’horizon 2030.
Pour asseoir sa domination, Leach s'appuie sur une organisation géographique bien définie à l'échelle internationale. Le groupe dispose de deux sites industriels majeurs : New York, qui compte 172 collaborateurs dédiés exclusivement au marché du continent américain, et Sarralbe, véritable hub mondial abritant 333 salariés fixes, en charge de fournir l'intégralité du reste du monde. Le groupe compte également une implantation stratégique à Niort, venant renforcer son maillage territorial et sa proximité avec les grands donneurs d'ordres de l'écosystème aéronautique et de défense français.
Chaque année, le seul site mosellan produit plus de 1,2 million de relais hermétiques critiques. « Si vous volez dans un avion, qu’il soit civil ou militaire, vous volez avec un relais électrique Leach », résume la direction. D’une fiabilité chirurgicale, ces composants se retrouvent chez des constructeurs prestigieux comme Dassault ou Airbus (notamment Airbus Helicopters), mais aussi dans le secteur en pleine explosion des drones, les missiles tactiques du leader européen MBDA et les lanceurs spatiaux. L'entreprise aime d'ailleurs rappeler une anecdote vécue : lors de l'échec passé d'une fusée Ariane qui avait dû être détruite en plein vol, le relais Leach, soumis à des conditions extrêmes, avait parfaitement fonctionné pour déclencher la charge de neutralisation au moment exact requis.
L'innovation chirurgicale : de la norme RoHS au contrat des JO de Los Angeles
Pour maintenir son leadership mondial alors que le marché traditionnel des relais s'équilibre sur un plateau, Leach anticipe l’avenir. L'entreprise réinvestit chaque année entre 5 et 6 millions d'euros dans son outil industriel et ses projets de recherche. Au cœur du Bureau d'Études (BE), l'heure est au développement de contacteurs de haute puissance intelligents. L'enjeu est de taille : offrir plus de puissance et de performance dans des boîtiers toujours plus légers, répondant aux impératifs d'électrification, de sécurité de fonctionnement et de décarbonation de ses clients.

L'usine maîtrise des prouesses techniques rares. Ses relais hermétiques, capables de gérer des pouvoirs de coupure allant de 1 ampère (pour les plus petits modèles spatiaux) jusqu'à 50 ampères dans un volume minuscule, sont scellés sous vide par bombardment électronique ou par guidage laser pour étouffer instantanément l'arc électrique. Un savoir-faire historique qui a permis à l'entreprise de sortir, il y a dix ans déjà, ses premiers prototypes de relais totalement exempts de plomb pour devancer la directive environnementale européenne RoHS.
Cette excellence vient de payer à l’export : Leach a officiellement remporté le contrat pour équiper le futur train à grande vitesse qui reliera Los Angeles à Las Vegas à l'occasion des futurs Jeux Olympiques. Une technologie de pointe entièrement pensée, développée et fabriquée en France.
Un modèle social renforcé et des avancées humaines concrètes
Si l'usine affiche des performances technologiques impressionnantes, sa véritable force réside dans son modèle social, profondément humain, inclusif et attentif. Avec 80 % de main-d'œuvre féminine en production, LIE constitue un contrepoids social vital face à la forte concentration de l'industrie automobile locale. Le sous-préfet Wassim Kamel s’est dit « ébahi par les "doigts de fée" de ces opératrices capables d’assembler manuellement des pièces micrométriques de moins de 0,001 millimètre avec une fiabilité unique au monde ».
Dans le cadre des récentes Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), la direction a concrétisé des avancées sociétales majeures et d'avant-garde, particulièrement adaptées à ses équipes :
Santé des femmes : Mise en place de congés spécifiques liés à l'endométriose et à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), permettant d'aménager le temps de travail ou d'accorder des repos sans perte de salaire.
Soutien aux familles : Extension de l'accompagnement et des congés pour enfants malades jusqu'à l'âge de 18 ans.
Pouvoir d'achat & Compétences : Validation d'une augmentation générale et individuelle traduisant le partage de la performance, couplée à une revalorisation de la prime de polycompétences.
Qualité de vie au travail : Ateliers entièrement climatisés l'été, chauffés l'hiver, postes assis, ergonomie soignée, 13ème mois, intéressement, participation et restaurant d'entreprise
« En cultivant un environnement de travail responsable, humain et engagé, nous renforçons durablement la performance collective et le dynamisme de l'entreprise. » Karine Arias, Directrice des Ressources Humaines de Leach International Europe.
Lors de sa visite des ateliers, le sous-préfet Wassim Kamel s’est dit « ébahi et ébloui par la qualité du travail et les "doigts de fée" de ces opératrices capables d’assembler manuellement des pièces micrométriques de moins de 0,001 millimètre avec un taux de fiabilité unique au monde ». C’est un modèle d'ancrage territorial pour une population de mères de famille bien supérieur à la moyenne de la plupart des entreprises du secteur.


Pour soutenir ses projets et remplacer les départs, Leach maintient en permanence une quinzaine de postes ouverts à Sarralbe (après avoir culminé à 25 postes ouverts fin novembre, réduits grâce à la mobilité interne). Le spectre des profils recherchés est particulièrement large :
Ingénieurs qualité projet et ingénieurs qualité développement,
Ingénieurs recherche et innovation,
Électroniciens pour le développement matériel (hardware),
Concepteurs mécaniques réalisant la modélisation 3D et le design d'équipements,
Experts en sécurité de fonctionnement (safety),
Développeurs de logiciels embarqués (software en cycle en V sur microprocesseurs intégrés aux cartes électroniques),
Techniciens de laboratoires d'essais,
Concepteurs de bancs de test complexes (indispensables pour la réception et la validation des équipements au moment du design et en production).
L'usine se tourne également vers l'industrie 4.0 en ouvrant deux postes dédiés à la cyberdéfense pour parer les risques cyber, ainsi que deux postes axés sur l'intégration de l'intelligence artificielle afin d'accompagner l'efficience des équipes et d'éviter les approches purement traditionnelles.
Face au mur démographique, la triple riposte des RH
Ce savoir-faire unique est toutefois confronté à un défi de taille : 120 départs à la retraite sont programmés au cours des 3 à 5 prochaines années, soit plus d’un tiers de l’effectif global de Sarralbe. Pour compenser ces départs de manière fluide, anticiper les fins de carrière des opérateurs de production et accompagner la transition numérique, une stratégie de recrutement agressive est déployée à travers trois canaux distincts :
-
La mobilité et la promotion interne : Piloté avec attention, ce volet vise à valoriser et développer les compétences des collaborateurs en place, à encourager ceux qui performent et à leur donner le droit et l'ambition d'évoluer vers d'autres métiers au sein de l'entreprise.
-
L'apprentissage et l'alternance : 13 alternants rejoindront spécifiquement le site de Sarralbe dès la rentrée de septembre (sur un total de 25 pour l'ensemble du groupe). Preuve du succès de la formule, deux alternants récents viennent d'intégrer durablement l'entreprise via un contrat de salariés (CDI) aux départements qualité et production.
-
Le partenariat intérimaire "Adecco Onsite" : Établi en étroite collaboration avec Mme Arias, cet implant directement installé au cœur de l'usine permet de gérer au plus près un volant de plus de 100 intérimaires à fin juin, avec l'objectif affiché de pérenniser cette main-d’œuvre et de transformer ces parcours en contrats à durée indéterminée (CDI).
Le Directeur Général, Alan Caugant, rappelle que le diplôme ne fait pas tout et s'appuie sur le principe anglo-saxon du « skill and will » (la compétence et la volonté) :
« Ce que nous recherchons avant tout, c'est le savoir-être, la valeur travail, la loyauté, le sens de l'urgence et une posture d'entrepreneur. Notre mode managérial repose sur l'autonomie, l'initiative et la responsabilisation. Si vous n'avez pas encore toutes les compétences techniques mais que vous possédez une réelle volonté d'apprendre, nous vous accompagnons. Chez Leach, on a le droit d’avoir de l’ambition : des collaborateurs entrés par la petite porte occupent aujourd’hui des rôles de direction. Tentez l’aventure humaine et venez nous rejoindre ! »
Soutenue historiquement par l’État (notamment via le Crédit d'Impôt Recherche et les dispositifs d'appui à l'emploi et à la formation), Leach International Europe prouve que la Moselle reste une terre d'élection pour l'industrie de pointe à rayonnement mondial.

Commentaires(0)