Une formation Métiers du bois ouvrira à Bitche en septembre 2026

Le Pays de Bitche franchit une étape décisive dans le développement de sa filière bois. Réunis lundi 2 février lors d’une assemblée de l’Association des Métiers du Bois du Bitcherland (AMBB), élus, représentants de l’État, acteurs de la formation et chefs d’entreprise ont officialisé un projet longtemps attendu : l’ouverture, à Bitche, d’une formation dédiée aux métiers du bois dès la rentrée de septembre 2026.

Présentée comme une réponse directe aux besoins du territoire, cette initiative vise à former localement les compétences indispensables à la pérennité d’un secteur économique historique du Bitcherland.

Une initiative née du terrain

À l’origine du projet, une volonté clairement exprimée par les entreprises locales. Le 13 novembre dernier, seize professionnels de la filière – scieurs, charpentiers, menuisiers, ébénistes – signaient une convention affirmant la nécessité urgente de créer une offre de formation sur le territoire. Moins de trois mois plus tard, cette demande se concrétise.

« Nous sommes partis des besoins des entreprises, pas d’un texte réglementaire ou d’une injonction descendante », a souligné Wassim Kamel, sous-préfet de la Moselle, rappelant la rapidité inhabituelle avec laquelle le projet a avancé. En moins de trois mois, le passage du constat à la mise en œuvre a été rendu possible grâce à une mobilisation collective associant monde économique, collectivités et services de l’État.

Une formation accessible à différents publics

Le dispositif présenté repose sur deux voies complémentaires :

  • un CAP Métiers du bois, destiné notamment aux élèves sortant de classe de troisième, combinant enseignements généraux et techniques en alternance avec les entreprises locales ;

  • un titre professionnel, orienté vers les personnes en reconversion ou les adultes souhaitant se former rapidement à un métier du bois, sur une durée d’un an, avec un enseignement essentiellement technique et une immersion en entreprise.

L’objectif est clair : ouvrir le champ des possibles à tous les profils, jeunes ou moins jeunes, sans opposer formation initiale et reconversion professionnelle.

Des locaux immédiatement disponibles

La question des infrastructures, souvent déterminante dans ce type de projet, a trouvé une réponse rapide. La Communauté de Communes du Pays de Bitche mettra à disposition les anciens locaux du site Saint-Augustin, auparavant utilisés par une classe préparatoire.

Le bâtiment dispose d’une quarantaine de studios équipés (sanitaires, douches), de salles de cours et d’espaces administratifs. L’ensemble est jugé en très bon état et opérationnel pour une ouverture dès septembre 2026, après quelques travaux légers.

Cet hébergement sur place constitue un atout majeur pour attirer des apprenants au-delà du seul Pays de Bitche, tout en levant les freins liés à la mobilité, particulièrement sensibles en zone rurale.

Un partenariat solide autour du CFA BTP

La formation sera assurée par BTP Formation Moselle, via le CFA BTP, sous l’impulsion de son président, Pierre Schaeffer, et de son directeur, Olivier François. Habitué à ce type de déploiement territorial, le CFA s’appuiera à la fois sur des formateurs expérimentés et sur des compétences locales reconnues.

Plusieurs professionnels du territoire, disposant d’une solide expérience pédagogique, ont d’ores et déjà été identifiés pour intervenir dans les enseignements techniques. Le choix assumé est de privilégier, autant que possible, des ressources locales.

Un projet soutenu par l’État, la Région et les collectivités

La réunion du 2 février s’est tenue en présence de Wassim Kamel, sous-préfet de la Moselle, Mme Joëlle Wey, Conseillère régionale du Grand Est, M. Pierre Fromholtz, Président de l’Association des Métiers du Bois du Bitcherland, M. Pierre Schaeffer, Président de BTP Formation Moselle, M. Olivier François, Directeur du CFA BTP Formation Moselle, ainsi que du Président de la Communauté de Communes du Pays de Bitche et des élus communautaires. Tous ont salué une démarche exemplaire par sa rapidité, sa cohérence et son ancrage territorial.

Si le financement de la formation relève principalement du CFA et des contrats d’apprentissage, la Région Grand Est a rappelé son soutien constant à la formation professionnelle, notamment par l’investissement dans les équipements et les machines, comme cela a déjà été le cas sur d’autres sites mosellans.

Garder les talents sur le territoire

Au-delà de la formation, l’enjeu est démographique et économique. Former localement, c’est éviter que les jeunes partent loin pour se former… et ne reviennent pas. C’est aussi offrir aux entreprises une main-d’œuvre qualifiée, adaptée aux réalités du terrain.

Tous les intervenants l’ont rappelé : cette ouverture de formation constitue une première marche. D’autres développements pourront suivre, en lien avec l’Éducation nationale, les lycées professionnels et l’enseignement supérieur, afin de construire une filière complète et durable.

Dans un territoire où le bois et le verre façonnent l’identité économique et culturelle, cette nouvelle formation apparaît comme un signal fort : celui d’un Pays de Bitche capable de se mobiliser rapidement pour préparer son avenir.