L’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs de Moselle s’est tenue ce vendredi 13 février 2026 à la Halle Verrière de Meisenthal. Un rendez-vous important pour la profession, marqué par la présence de Wassim Kamel, sous-préfet de l’arrondissement de Sarreguemines.
Les Jeunes Agriculteurs de Moselle ont un nouveau président. Installé sur le secteur de Château-Salins, Jonathan Nondier incarne une génération d’agriculteurs engagés, attachés à la diversification, au dialogue et surtout au renouvellement des générations.
Un agriculteur aux activités diversifiées
Agriculteur en société avec son père, Jonathan Nondier exploite une ferme mêlant élevage de vaches à viande, élevage ovin et production céréalière. Un modèle diversifié qu’il revendique pleinement.
« C’est important de ne pas avoir tous ses œufs dans le même panier », explique-t-il. La diversification permet d’amortir les aléas économiques ou climatiques. Lorsque l’une des productions traverse une période difficile, une autre peut compenser. Une stratégie qui offre davantage de stabilité sur le long terme.
Cette pluralité d’activités constitue également un atout dans son nouveau rôle. Connaître les réalités d’un céréalier comme celles d’un éleveur permet de mieux appréhender les problématiques variées du monde agricole mosellan. « Quand ça va, il faut le dire, quand ça ne va pas, il faut le dire aussi », résume-t-il. Pour autant, le président souligne l’importance du travail collectif et de l’entourage compétent au sein du bureau des Jeunes Agriculteurs.
Expliquer pour réduire la déconnexion
Ces derniers mois, le monde agricole s’est fortement mobilisé, notamment en Moselle et à proximité des institutions européennes. Pour Jonathan Nondier, au-delà des revendications, un enjeu central demeure : la pédagogie.
« Il y a une déconnexion croissante entre la population et le monde agricole », constate-t-il. Avec une majorité de Français vivant désormais en milieu urbain, les réalités du terrain sont parfois mal connues. D’où la nécessité d’expliquer les pratiques agricoles, les modes d’élevage et les contraintes quotidiennes du métier.
La communication devient ainsi un pilier essentiel pour retisser le lien entre producteurs et consommateurs.
Local et international : ne pas opposer les modèles
Sur la question alimentaire, le président des Jeunes Agriculteurs de Moselle adopte une position pragmatique. Selon lui, il ne faut pas opposer production locale et échanges internationaux.
« On a besoin des deux », affirme-t-il, à condition que les produits importés respectent les mêmes règles que celles imposées aux agriculteurs français. Le local représente une richesse économique et sociale pour le territoire, mais les marchés internationaux font également partie de la réalité agricole actuelle.
Un dialogue constant avec les services de l’État
La rencontre avec les représentants de l’État, notamment le sous-préfet d’arrondissement, s’inscrit dans une relation de travail régulière. « Nous sommes en relation permanente avec l’administration », rappelle Jonathan Nondier.
L’écoute mutuelle est essentielle pour faire remonter les attentes du terrain et anticiper les évolutions réglementaires ou politiques.
Le combat prioritaire : le renouvellement des générations
S’il ne devait retenir qu’un seul combat pour son mandat, ce serait celui du renouvellement des générations.
De nombreux agriculteurs partiront à la retraite dans les années à venir. Pour préserver la souveraineté alimentaire et maintenir le tissu économique et social rural, il est indispensable d’installer de nouveaux exploitants.
Attirer, former et accompagner les jeunes constitue donc la priorité. « Une installation réussie, c’est une installation qui perdure », souligne-t-il. L’objectif est clair : permettre aux futurs agriculteurs de vivre dignement de leur métier et d’en être fiers.
Le slogan porté par l’équipe résume cette ambition : « Demain se prépare aujourd’hui ». Pour continuer à produire du « made in Moselle », l’engagement doit commencer dès maintenant.